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Vivre, trouver un ancrage et l’amitié dans sa nouvelle terre d’accueil

  • epicure-vaucluse
  • 1 déc. 2025
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 4 déc. 2025


blühender Lavendel im Sommer



Trouver un ancrage et l’amitié dans sa nouvelle terre d’accueil


Il y a quatre ans, le 3 janvier, lorsque je suis arrivée en France, il n’y avait personne — seul mon fidèle compagnon Ixi était à mes côtés.

À l’époque, je ne connaissais presque personne. Je n’avais plus de contact avec les collègues de 2015, lorsque j’avais eu la chance de travailler six mois dans un restaurant à Carpentras.



Ma terre d’adoption — où es-tu ?


Un an avant mon départ, je me suis posé la question : où, en France, me sentirais‑je

vraiment bien ?

Où pourrait être ma terre d’adoption ?

Je me suis donc accordée du temps seule et j’ai fait de courtes étapes en Ardèche, en Camargue, puis je suis retournée à Carpentras et au Mont Ventoux, qui exerce sur moi une grande attraction.


En Ardèche et en Camargue, je ne me sentais pas à l’aise. Une région avait trop d’eau et peu de chaleur humaine, l’autre, malgré la mer, était trop sablonneuse et sans relief.

Alors direction Carpentras.

J’ai trouvé un hébergement via Booking, un mas de standing en promotion, exactement pour mes deux nuits.

Au début, je ne m’y attendais pas. Derrière un portail si magnifique et un domaine somptueux pouvais‑je vraiment séjourner ?

Mais mon GPS insistait : c’était bien là.

Mes pensées étaient alors remplies de paradigmes me disant que je n’étais pas assez bien, que c’était trop beau pour moi.



Patrice, Fabie und Christina im Garten und hinten ist das alte Mas zu sehen

Après l’accueil d’un couple charmant, j’ai été émerveillée par le beau jardin, la piscine et la chaleur de ces personnes.

Tout cela m’a paru immédiatement juste, je me suis sentie comme une petite princesse.


Images dans la tête et amitié dans le cœur


Mon français était encore très timide, mais après un beau séjour ponctué de quelques randonnées et de visites de Carpentras et des environs, j’avais une idée claire de mon avenir. J’ai dit à la propriétaire Fabie : « C’est exactement comme ça que j’aimerais avoir un jour — un si beau chambres d’hôtes. » Elle a juste souri.


Bien plus tard, elle m’a avoué qu’elle me trouvait un peu folle.


Aujourd’hui, elle me félicite d’avoir réellement réalisé mon rêve.

De la connaissance est née la proximité, de la proximité l’amitié.

Ce sont ces rencontres fortuites dont je parle, quand on se met en route et qu’on se laisse surprendre… Oui, la vie nous surprend parfois, et plus tard on comprend que tout devait être ainsi.


Ma décision était prise : cette région, quelque part dans le Vaucluse.


Mes débuts pour trouver un ancrage dans ma nouvelle terre d’accueil


Arrivée à Carpentras après quinze heures de route avec Ixi, Fabie et Patrice m’ont accueillie avec beaucoup de chaleur.

J’ai pu vivre dans leur gîte, un appartement séparé de deux pièces avec un petit jardin, de janvier à mars 2021, le printemps en Provence.

Je me sentais en sécurité ; même si je ne voyais pas Fabie et Patrice tous les jours, ils étaient là, me soutenaient, me donnaient du courage en cette période morose de Covid où les rencontres étaient interdites et les courses difficiles.

Ils m’ont donné des conseils pour la recherche d’une maison, surtout lorsque je leur racontais quelle maison je venais de visiter, où elle se trouvait et si elle conviendrait pour des chambres d’hôtes.


Là où le beau rencontre le vrai


Le premier stade de la pandémie était terminé et tout le monde espérait un « retour à la normale ».

Mon gîte devait à nouveau être loué aux visiteurs, car j’y vivais à un tarif réduit.

Je suis allée habiter dans une chambre d’un lotissement à l’Isle‑sur‑la‑Sorgue, chez une Allemande qui vivait en France depuis quinze ans.

C’était vraiment un logement d’urgence pour Ixi et moi, et la Covid entrait dans sa deuxième phase.

Cela m’a poussée à chercher une maison, mais les offres étaient très limitées. Ce fut une période où j’ai dû vraiment me battre. J’ai demandé de l’aide auprès d’un coach.

Cela m’a apporté du soutien ; j’ai trouvé des moyens de chercher des solutions au lieu d’adopter une posture de victime.

Un coaching de vie qui a renversé mes paradigmes et m’a transformée en une autre personne. Qui suis‑je maintenant ? Qui veux‑je être ? Quels sont mes objectifs ? Sur quoi dois‑je me concentrer ?

Spruch auf blauem Hintergrund mit blauer Blume am unteren Rand

Ma nouvelle patrie est trouvée







Quand j’ai trouvé mon mas, ma vieille ferme, six mois plus tard, je n’étais plus seule.

Il fallait agir vite, car à cause de la pandémie beaucoup recherchaient une maison à la campagne.

Fabie et Patrice étaient toujours à mes côtés. En mai 2021, nous avons visité ensemble ce que j’avais trouvé. Une bonne équipe pour me soutenir, qui a éclairé, pesé et planifié beaucoup de choses.

Le compromis de vente a été signé.

Puis il a fallu respecter des délais, passer chez le notaire, attendre à nouveau, car la femme du propriétaire, qui devait aussi signer, ne pouvait pas entrer (dans le pays).

Mais enfin, le 26 juillet 2021, j’ai reçu les clés de ma maison.

Mas l'Epicure im Mai 2021

J’ai déjà mentionné dans mon dernier billet de blog que, grâce à ces deux personnes, j’ai découvert mon homme à tout faire pour la rénovation du mas l’Épicure.


Ils ont trouvé des solutions pendant le Covid, donné des idées, mis la main à la pâte et m’ont aussi présentée à leurs amis. Nous avons partagé de nombreux moments conviviaux qui ont rendu ma vie en France plus familière et m’ont permis de sentir peu à peu un véritable ancrage dans ma nouvelle terre d’accueil.

Un soutien, mais aussi tellement d’amour et d’humanité, qui me rappelaient mon enfance à l’Est, mais que j’avais un peu perdus de vue.

Entre nous, quelque chose a grandi, difficile à exprimer en mots : une forme d’amitié profonde qui fait que l’on se sent enfin à sa place.


Chaleur, confiance, amour.


Comment une maladie modifie le regard


Nous sommes en automne 2025.

Patrice est gravement malade — cancer du poumon.

Avec un tel diagnostic, l’horizon se déplace.

Soudain, ce qui paraissait acquis auparavant ne compte plus.

Du « appelle‑moi si tu as besoin » on passe à « on arrive juste à tenir la journée ».

Je sais que je ne peux plus compter sur leur aide habituelle.

Maintenant, c’est moi qui dois proposer mon aide.

C’est triste et cela change beaucoup — pour eux, pour nous, pour ce qui était — et cela jette une petite ombre sur le paradis.

Pourtant, il y a une grande gratitude pour tout ce qui reste : souvenirs, gestes, regards

qui disent « Nous sommes là », même si ce « là » est désormais différent.

Patrice est fort et a une volonté solide — j’espère qu’il s’en sortira.

Pour moi, c’est clair : je vais les soulager.


D’autres vivent‑ils la même chose ?


Oui, beaucoup de personnes qui ont déménagé dans un autre pays parlent de cette césure silencieuse. Le cercle proche devient soudain plus petit à cause de la maladie, d’un déménagement ou d’une vie différente.

On se retrouve avec des responsabilités qui continuent et un cœur qui veut s’accrocher.

Il est normal de pleurer, d’être en colère, de se sentir coupable parce qu’on a encore besoin d’aide.


Ce qui reste maintenant, c’est surtout la gratitude.

Pour les chemins que nous avons parcourus ensemble, pour les mains qui ont aidé, et pour ma belle maison qui porte nos traces.

Même si beaucoup change et que je trouve de nouvelles formes d’aide, un lien solide subsiste — peut‑être plus discret, mais pas moins profond.


Je porte ces deux personnes dans chaque pièce avec moi et je fais confiance à ce que cette étape trouve aussi sa douceur.


Amitié dans la nouvelle patrie — plus discrète, mais profondément liée


Dans tout cela, je ressens combien l’amitié dans une nouvelle patrie est précieuse.

Elle se manifeste par de petits gestes, un silence partagé, un regard qui dit « Je connais ton histoire ». Même si les circonstances changent et que les forces vacillent, cette amitié reste une ancre discrète de mon quotidien en Provence. Elle me rappelle chaque jour que la patrie n’est pas seulement un lieu, mais surtout des personnes qui restent — dans la vie et dans le cœur.


Si tu as vécu quelque chose de similaire, je serais heureuse de te lire : comment poursuis‑tu ta route, comment garder la proximité même quand les forces vacillent ? Écris‑moi volontiers via le formulaire de contact — encourageons‑nous mutuellement et montrons comment l’amitié dans une nouvelle patrie peut porter.

 
 
 

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